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Supply Chain

3 idées reçues sur les stocks

Idées stocks

Le pilotage des stocks est un des sujets centraux de la Supply Chain. Il devient d’autant plus critique que les entreprises sont soumises à 2 forces importantes qui tirent dans des directions opposées. D’une part, il faut gérer de plus en plus de complexité, de références et un service au client de plus en plus exigeant, notamment en termes de délais. Ceci implique la multiplication des stocks et des points de stockage. D’autre part, le besoin de piloter la trésorerie et son cash est évidemment majeur. Ceci implique une réduction des stocks.

Evidemment, d’autres enjeux apparaissent : gérer les pénuries, absorber les évolutions de coût des matières premières, créer de nouveaux points de découplage nouveaux dans la Supply Chain, sécuriser des fournisseurs etc. Tous ces éléments vont avoir une tendance inflationniste sur le niveau du stock.

Aujourd’hui, nous vous proposons de passer en revue 3 idées reçues que nous voyons couramment sur les niveaux de stock.

Idée reçue n°1 : il faut définir des niveaux de stock cibles

Nous voyons régulièrement dans les entreprises des objectifs de stock. En soit, c’est plutôt une bonne chose, mais c’est prendre le problème à l’envers. Le niveau de stock n’est que la conséquence des décisions stratégiques et tactiques prises, ainsi que des modes de pilotage.

Donc plutôt que dire : il faut réduire de 15% le stock, il vaudrait mieux dire par exemple j’accepte de prendre X% de risque en plus sur des ruptures pour réduire de 15% mon stock. Ou encore, je revois mon mode de pilotage qui devrait par conséquent me donner un nouveau niveau de stock moyen.

Souvenons-nous également que s’il y a une possibilité d’optimiser les modes de pilotage du stock (modes de calcul, qualité des stocks de sécurité, prévisions améliorées, travail avec les fournisseurs, flux tirés / flux poussés, adaptation de la promesse client aux volumes, etc.), il existe une limite technique où toute baisse de stock entraînera une baisse du taux de service : dans les stocks comme partout, on ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre !

Idée reçue n°2 : les stocks sont une non-valeur ajoutée

Le Lean Manufacturing a permis des progrès considérables sur la performance des entreprises. On note d’ailleurs des points communs entre Lean et Supply Chain quand il s’agit de considérer que la performance passe par la réduction des Lead Times (temps de cyle). On accélère ainsi chaque étape de la chaîne de valeur ce qui permet d’atteindre une performance optimale. Cependant, une idée reçue est toujours fortement présente. Le stock serait un muda et par conséquent, l’optimum de stock devrait tendre vers 0.

La Supply Chain doit plutôt considérer que le bon niveau de stock est « ni trop, ni trop peu », puisqu’il s’agit pour une chaîne logistique de son poumon de respiration : le stock est nécessaire pour fonctionner convenablement. Nous avons tous pu observer récemment l’impact de niveaux de stocks trop optimisés dans la crise des semi-conducteurs. Et les plus habiles en termes de stockage ont été les moins impactés. Paradoxe même, puisqu’un des meilleurs est Toyota donc tout le monde s’est inspiré pour tendre ses flux et baisser ses stocks : comme quoi, tout dans le système Toyota n’a pas encore été compris !

Idée reçue n°3 : le stock est par définition… un stock

Nous arrivons au troisième point qui est conceptuellement le plus compliqué, bien qu’il rejoigne notre point précédent sur la valeur ajoutée. Le meilleur moyen de voir un stock n’est pas comme une entité immobile mais comme un… flux.

Cela peut sembler contre-intuitif, mais considérer un stock comme un simple élément en tant que tel n’est pas idéal. Cela conduit justement à des problématiques importantes comme par exemple imaginer qu’on peut le réduire sans problème. Un stock doit être vu comme un flux, avec un débit d’entrée, un débit de sortie et une zone tampon intermédiaire. Cela permet de l’inscrire sur l’ensemble de la chaîne de valeur de l’entreprise en lien avec les en-cours en amont et en aval du fournisseur jusqu’au client final.

Cette vision permet ainsi de mieux comprendre les points précédents concernant les stocks cibles et les bons niveaux de stock. Une gymnastique de pensée qui vous fera gagner beaucoup de performance à long terme !

Et pour aller plus loin

Si vous souhaitez aller plus loin dans le diagnostic de votre stock, notre équipe se tient à votre disposition pour échanger autour de vos problématiques et enjeux sur les stocks ainsi que l’ensemble de la Supply Chain.

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Thomas, associé Findle

Thomas
Associé