CSRD : de l’obligation réglementaire à l’opportunité stratégique 

CSRD : de l’obligation réglementaire à l’opportunité stratégique 

Depuis le 1er janvier 2024, les grandes entreprises européennes cotées sont soumises à une nouvelle exigence réglementaire : la Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD). D’ici 2028, environ 50 000 entreprises européennes devraient être tenues de publier annuellement des données extra-financières sur leurs performances sociale et environnementale, sur la gestion responsable de leur organisation et sur leurs impacts en matière de durabilité.  

Le 26 février 2025, un amendement visant à simplifier cette directive a été proposé et est en discussion à la Commission Européenne. Pourquoi ? Car la CSRD est exigeante et peut être complexe à déployer, notamment pour les petites structures.  

Cet amendement prévoit de limiter l’obligation de reporting aux entreprises de plus de 1 000 salariés, réduisant ainsi de près de 80 % le nombre de sociétés concernées. Il inclut également un report de deux ans de l’échéance de mise en conformité, ainsi qu’une réduction des normes sectorielles et du nombre d’indicateurs obligatoires. Les entreprises exclues conserveraient néanmoins la possibilité de publier une déclaration volontaire. 

De notre côté, nous sommes convaincus que la CSRD dépasse le cadre d’une simple contrainte administrative : elle est une véritable opportunité pour mesurer ses impacts, prendre du recul sur ses pratiques et évaluer les risques auxquels l’entreprise est confrontée. Bien mise en œuvre, elle devient un levier stratégique et un atout compétitif, renforçant la durabilité et la résilience des entreprises. 

Mais comment transformer cette obligation en un véritable moteur de performance ? 

Comprendre la directive CSRD  

La CSRD a été instaurée pour renforcer la transparence et faciliter la comparaison de la performance des entreprises en matière de durabilité. En imposant la publication d’informations extra-financières détaillées, elle oblige les entreprises à fournir un exposé fidèle de leurs activités et des risques auxquels elles sont confrontées. Elle garantit ainsi la crédibilité des informations publiées et lutte activement contre le greenwashing.  

La directive repose sur quatre piliers : Environnement, Social, Gouvernance et Normes Génériques. Chacune de ces thématiques doit être abordée sous l’angle de la double matérialité :  

Cette analyse permet d’identifier les sujets prioritaires et constitue le socle du reporting extra-financier. Très complet, ce reporting s’appuie pour chaque thématique sur différents types de livrables clés tels que :   

Parmi ces livrables, les indicateurs qualitatifs témoignent de l’engagement de l’entreprise tandis que les indicateurs quantitatifs matérialisent concrètement les actions engagées. Si les données chiffrées sont soumises à une obligation de reporting, ce n’est pas le cas des éléments qualitatifs qui n’ont pas d’obligation à être créés s’ils n’existent pas de base. Ils n’en demeurent pas moins essentiels pour donner du sens et offrir une vision exhaustive des initiatives en place. Ces indicateurs sont donc complémentaires et indispensables pour donner une image juste des engagements d’une entreprise. 

Les opportunités offertes par la mise en conformité CSRD  

La CSRD ne se limite pas à un cadre normatif, elle permet d’établir un état des lieux précis et d’initier de véritables changements. Dans un contexte où les investisseurs, clients et partenaires exigent des engagements tangibles, elle devient un outil stratégique incontournable. 

Se lancer dans la rédaction de son reporting CSRD, c’est aussi l’opportunité de :  

En s’appuyant sur les reportings de ses concurrents, identifiant les pratiques sectorielles et en prenant du recul sur ses propres activités, l’entreprise peut avoir une vision plus pragmatique sur sa situation, mieux anticiper les risques qu’elle court, identifier des opportunités et ainsi renforcer la confiance des investisseurs. 

La fiabilité et la viabilité du reporting reposent sur la mise en place d’un processus de gestion de la donnée flexible et structuré. La CSRD est l’occasion de repenser la gouvernance des données et de sécuriser leur source et leur maintenance, voir l’automatisation de leur collecte. Mais attention, avant d’investir massivement dans de nouveaux outils digitaux, mieux vaut d’abord optimiser les systèmes d’information existants afin d’éviter des chantiers complexes et coûteux. 

Le reporting ne doit pas être une fin en soi mais un levier pour évaluer les progrès, ajuster les priorités et affiner la stratégie ESG dans la durée. En ancrant la durabilité au cœur de son modèle économique, l’entreprise renforce sa résilience et crée une valeur durable et différenciante. 

La publication du rapport permet de valoriser les actions RSE et d’accroître leur visibilité. C’est aussi un levier puissant pour renforcer l’image de l’entreprise. Si le livrable final doit se conformer aux standards de la CSRD, une version synthétique peut être annexée afin de faciliter sa diffusion et son appropriation par un public plus large.  

En s’engageant dans la démarche CSRD, les entreprises dépassent la simple conformité pour gagner en résilience et en transparence. Au-delà des exigences réglementaires, la CSRD devient un moteur de transformation durable pour les entreprises européennes, renforçant leur attractivité et leur performance globale. 
Plus qu’une contrainte, la CSRD est une opportunité de construire l’entreprise de demain et d’assurer sa pérennité. Ceux qui s’y préparent dès aujourd’hui prendront une longueur d’avance et poseront les bases d’une compétitivité durable sur le long terme.  

Alors, êtes-vous prêts à faire de la CSRD un levier stratégique ?  

Claire SophieClaire-Sophie
3 avril 2025